Syndrome du technicien

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Oui, c’est moi qui est nommé ce syndrome !!!

On a tous le même réflexe, lorsqu’on lance une activité. On se concentre uniquement sur l’aspect technique de notre métier. 

Un fabricant de chaussures, va se concentrer sur sa fabrication en négligeant tous l’aspect commercial de son activité. Et c’est tout à fait naturel pour plusieurs raisons :

1/ En formation, on se forme uniquement sur l’aspect technique de nos métiers.

2/On croit souvent que lorsque l’on fait de la qualité on peut négliger l’aspect commercial. 

Beh oui, ça va se vendre tout seul !!

3/Quand on lance une activité, on est bien souvent naïf. On pense que tout va aller dans le meilleur des mondes.

L’aspect commercial est pourtant indispensable dans n’importe quelle activité. Il est souvent préférable d’être un bon commercial et un mauvais technicien que l’inverse. 

Parce que c’est le nerf de la guerre. Vous pouvez faire les plus belles chaussures du monde, si vous êtes incapable de les vendre, savoir les produire ne vous sert à rien.

Et c’est là que ça se complique, car la vente, c’est un vrai métier, qui demande de réelles compétences, qu’on a du mal à aborder lorsque l’on est en activité.

Personnellement, lorsque j’étais sur ma ferme, c’est une partie que j’ai beaucoup délaissée.

En même temps, lorsque l’on gère son élevage, ses champs, ses marchés, sa compta, sa paperasse, à quel moment sommes nous censés avoir du temps pour nous former à la vente.

D’ailleurs, lorsque l’on se risque a essayé de se vendre. On le fait sur l’approche technique, ce qui n’est souvent pas la meilleure approche commerciale.

   » Mes poulets sont élevés en plein et au grain et abattus à 16 semaines »

                                                                                vs

 « Mes poulets à la chair soyeuse qui vous rappelleront vos repas de famille lorsque vous étiez enfants… »

 

 

Parler technique ne sert à rien si ce n’est pas raccorder à un besoin ou un désir.

Mon exemple de slogan, je l’ai scandé tout le temps de mon activité et pourtant, soyons réalistes, il est nul.

Les gens n’y connaissent rien à l’élevage de poulet. Que mes poulets soient abattus à 16 ou 25 semaines, pour eux ça ne change rien.

Par contre leur parler, de poulet à la chair qui se tient, qui ne perd pas beaucoup d’eau à la cuisson, là ça leur parle.

 Ils n’ont jamais élevé de volailles mais par contre ils les cuisinent. 

Il faut leur parler de ce qu’ils connaissent !

Ce que l’on m’a plus dit pour me féliciter sur la qualité de mes volailles, c’est :

  « Votre volaille m’a rappelé celles que je mangeais chez ma grand-mère lorsque j’étais petite ».

Les clients ne savent pas combien de temps ça s’élève une volaille mais par contre ils passent leur vie a essayé de retrouver des produits au goût de ce qu’ils ont connu auparavant.